Le Raqs Sharqi rejoint d'autres disciplines
orientales comme les arts martiaux ou le yoga
(enracinement, puissance du bassin, notion
de " centre " ) . La
technique spécifique de cette danse (isolation
de chaque partie du corps en même temps
qu'unité, contraste de mouvements fluides
et accentués) , nécessite
une pratique du corps approfondie où
l'accent est mis sur le placement, la tenue
et la souplesse. Le cours commence par une préparation
de 40 mn pour "ouvrir", étirer, renforcer
la ceinture abdominale, éléments
indispensables à la maîtrise du
corps. Trois styles différents sont abordés
dans le cours : Shaabi (style traditionnel rural )
Baladi
(style populaire urbain) et le Sharqi
(style classique).
Il est important de souligner
que le Raqs Sharqi, dans une recherche d'authenticité
et de respect de la tradition, est bien loin
des clichés de danse du ventre et autres
divertissements à paillettes. Il s'adresse
à des personnes désirant développer
les possibilités du corps, soucieuses
d'intériorité, afin d'apprécier
la vraie nature de cette danse. Une large place
est laissée au plaisir de l'improvisation
et à l'interprétation de la musique
orientale ( étroitement liée
à la danse ), ce qui permet à
chacune de développer sa propre expression.

Glossaire
Le Shaabi:
Cette appellation comprend
deux aspects différents: le saïdi,
musique du sud de l'Egypte aux rythmes lourds
et à la mélodie lancinante et
le Shaabi à proprement dit, qui vient
des villages ruraux et des petites villes de
toute l'Egypte. Le Shaabi fait partie intégrante
de la vie des paysans. Le style Shaabi est rustique
et fier. Le centre de gravité est placé
dans le bassin, accentuant le coté terrien
de la danse.
Le Baladi :
C'est le style
urbanisé avec comme origine les chansons
de la campagne. Il s'est développé
en Egypte au début du siècle,
lorsque la crise économique força
les paysans à se rapprocher des villes.
De cet exil, jaillit une musique vibrante exprimant
la passion, la joie aussi bien que la douleur.
Entre tradition et modernité, le style
baladi reflète avec sensibilité
l'âme égyptienne.
Le bassin est le centre de mouvements lourds
et fluides, l'énergie est plus contenue
que dans le Shaabi. Le Baladi évoque
une sensualité terrienne, faite de retenue,
de puissance et d'émotion.
Le Sharqi :
La forme sharqi
ou « classique » fut à certaines
périodes élevée au rang
de danse de cour dans les palais royaux arabes
des Xe et XIe siècles et durant l'ère
ottomane au XVIIIe siècle.
Le Sharqi connut une heure de gloire dans les
années 1940-1950, à travers le
cinéma égyptien qui met en lumière
des danseuses stars comme Samia Gamal, Tahia
Carioca ou Naïma Akef.
Le style sharqi se reconnaît à
son caractère lyrique. Il se définit
par des gestes amples, de gracieuses arabesques
des bras et du corps et par une grande fluidité
dans les déplacements.