|
|
|
|
|
LA DANSE ORIENTALE EGYPTIENNE
|
DE LA TRADITION A LA MODERNITE
C’est la danse féminine en solo, qui s'est développée en Egypte sous des formes
populaires et classiques. Empreint de l'art arabo-musulman, la danse orientale égyptienne est une
expression abstraite et stylisée, dont le langage semble transmettre une expérience humaine
ancestrale et universelle. C'est une danse raffinée et puissante qui s'appuie sur un passé
très riche dont les possibilités créatives et théâtrales sont multiples.
Anne Benveniste puise son inspiration artistique dans la tradition de la danse égyptienne sans en
figer la forme, pour mieux s'inscrire dans une forme d'expression plus contemporaine. Elle n'a de cesse
de faire évoluer le mouvement oriental dans l’espace pour en faire ressortir sa dimension
dramatique. Le répertoire traditionnel contient à lui seul les éléments de
modernité qui favorisent une écriture novatrice de la danse.
Avec une liberté et une aisance qui sont le fruit de ses années de travail, Anne Benveniste
restitue ainsi à la danse orientale égyptienne sa puissance ancestrale.
L'ESTHETIQUE DE LA DANSE
La danse égyptienne partage un langage commun avec la musique orientale, dont la trame est brodée
de motifs qui s’entrecroisent, se font, se défont et se transforment à l’infini.
Cette danse est faite de changements traduisant des forces opposées : tenue / relâchement,
retenue / exubérance, accents / ondulations, axe / spirale.
Son expression part du bassin, du ventre de façon « organique » et terrienne et
se traduit par des mouvements d’isolation ciselés et contenus. La vigueur des hanches
s’accompagne de la précision du mouvement des épaules. Une vibration de l’ensemble du
corps peut se propager comme une onde, se figer dans un silence suspendu et se muer en accents ou mouvements fluides.
Son caractère est multiple. Cette danse célèbre le corps d’une manière familière
dans le sens où elle parle à chacun de nous, à travers une palette d’émotions
présentes dans la musique. Elle est le reflet de l’âme de l’interprète.
|
|
Photos Bernard Abitbol
|
LES 3 STYLES DE DANSE ORIENTALE EGYPTIENNE
|
|
LE SHAABI
Cette appellation comprend deux aspects différents:
Le Saïdi, musique du sud de l'Egypte aux rythmes lourds et à la mélodie lancinante, et le Shaabi à proprement dit, qui est issu des villages ruraux et des petites villes de toute l'Egypte. Le Shaabi fait partie intégrante de la vie des paysans. Le style Shaabi est rustique et fier. Le centre de gravité du corps est placé dans le bassin, accentuant le coté terrien de la danse.
LE BALADI
C'est le style urbanisé ayant pour origine les chansons de la campagne. Il s'est développé en Egypte au début du siècle, lorsque la crise économique força les paysans à se rapprocher des villes. De cet exil, jaillit une musique vibrante exprimant la passion et la joie aussi bien que la douleur. Entre tradition et modernité, le style baladi reflète avec sensibilité l'âme égyptienne. Le bassin est le centre de mouvements lourds et fluides, l'énergie est plus contenue que dans le Shaabi. Le Baladi évoque une sensualité terrienne, faite de retenue, de puissance et d'émotion.
LE SHARQI
La forme sharqi ou « classique » fut à certaines périodes élevée au rang de danse de cour dans les palais royaux arabes des Xe et XIe siècles et durant l'ère ottomane au XVIIIe siècle. Le Sharqi connut une heure de gloire dans les années 1940-1950, à travers le cinéma égyptien qui met en lumière des danseuses stars comme Samia Gamal, Tahia Carioca ou Naïma Akef. Le style sharqi se reconnaît à son caractère lyrique. Il se définit par des gestes amples, de gracieuses arabesques des bras et du corps et par une grande fluidité dans les déplacements. |
|
Photo Bernard Abitbol
Photo Soly Fargeon
|
LE VOILE BALADI ET LE VOILE SHARQI
|
|
LE VOILE BALADI (UTILISE AVEC LES MUSIQUES POPULAIRES)
Le voile baladi attaché sur la tête complète habituellement la robe traditionnelle populaire.
Il est l'expression subtile du buste et du visage et excelle à traduire les sentiments créés
par la mélodie et plus particulièrement par la voix.
Son maniement nécessite une souplesse permanente du bassin qui permet de se saisir avec agilité
des pans du voile comme un écho du corps entier.
Le voile baladi dessine avec netteté les lignes du corps et projette dans l'espace des diagonales et
des courbes majestueuses.
Amplifiant la gestuelle de la danseuse, il enveloppe son corps d'un halo de lumière et fait rentrer le
spectateur dans l'intimité d'une histoire.
LE VOILE SHARQI (UTILISE AVEC LES MUSIQUES « CLASSIQUES »)
Le voile sharqi tenu au bout des bras, flottant derrière le dos comme une voile gonflée par le vent,
donne au corps un élan lyrique et élégant. Il se prête à merveille aux musiques
sharqi aériennes et mystiques dans lesquelles la flûte (ney) est dominante.
Le travail du voile demande une force du centre du corps, des appuis au sol solides et une ligne du dos qui se
prolonge dans les bras comme des ailes. En laissant un sillage derrière elle, la danseuse sculpte des volumes
et des figures qui séduisent l'imagination et invitent à la rêverie.
|
|
Photo Soly Fargeon
|
LA METHODE D'ENSEIGNEMENT
|
|
Grâce à une connaissance pointue du répertoire traditionnel oriental Anne Benveniste
propose à ses élèves une écriture sensible de la Danse associée à une écoute
particulière de la musique. Elle s'attache à faire découvrir les qualités émotionnelles de
la musique orientale pour permettre d'accéder aux règles de l'improvisation, clé de voute de la danse
égyptienne. Chaque élève peut ainsi parvenir à sa propre interprétation de la danse et
développer sa créativité.
En effet, Anne Benveniste a développé une pédagogie nourrie par une expérience acquise au fil
des années de pratique de danse ainsi que par sa passion de transmettre et d'échanger avec ses élèves.
L'apprentissage de sa technique est basé sur l'imprégnation par la musique qui amène à assimiler le
mouvement de façon intuitive en suivant la pulsation rythmique.
L'élève est invitée à suivre son professeur par le biais d'un effet miroir qui l'aide
à se laisser aller et qui rend l'apprentissage moins cérébral. Le corps est ainsi abordé de façon
holistique, comme une entité. Le mouvement n'est pas isolé, mais retentit sur le reste du corps comme un écho.
Il faut apprendre à libérer le corps, mobiliser le bassin, articuler les jambes et les épaules et suivre le rythme
sans chercher à comprendre le mécanisme du mouvement.
Les élèves se stimulent les unes les autres et s'entraident « sans concurrence ». En effet,
les débutantes peuvent se laisser porter par l'atmosphère bienveillante dégagée par le groupe et s'appuyer
ainsi sur les élèves les plus expérimentées.
Le travail par petits groupes est aussi favorisé au sein d'un cours car il donne lieu à des échanges chorégraphiques
gratifiants et stimulants tout en permettant de développer la dimension individuelle de la danse orientale égyptienne.
|
|
|

|
Photos Bernard Abitbol
|
|
|